Armurerie psychique, arsenal social & Mademoiselle Julie
Uppercut : un essai & une pièce. Le politique, à l’entrechoc.
Mademoiselle Julie est-elle un « duel entre deux cerveaux », dont l’issue tiendrait aux forces naturelles des combattants ? Jean, gagnant — « homme ». Julie, défaite — « femme ». C’est ce que clame Strindberg. C’est ce qu’après lui la critique et les mises en scène répètent.
Or voilà : la pièce dit tout autre chose.
Pas de tête à tête dans ce texte, mais un affrontement sous l’ombre d’un grand Tiers : le social. Ici, on se déchire par rapports sociaux interposés. Au croisement des rapports de genre et de classe — au croisement de leurs transformations respectives. Et de leurs inerties. C’est là toute l’affaire : une organisation sociale s’exprime par les psychés des personnages.
Strindberg a voulu faire une démonstration. Il en a fait une — pas celle qu’il croyait.
(Sandra Lucbert)
August Strindberg a écrit et lui-même créé Mademoiselle Julie à Copenhague en 1889, avec son épouse, Siri von Essen, dans le rôle-titre. Sa préface à l’édition originale est également reproduite dans la présente édition.
À paraître le 7 mai 2026.
Ce recueil est composé des textes suivants :
- Armurerie psychique, arsenal social (Sandra Lucbert)
- Mademoiselle Julie (August Strindberg, Fröken Julie, traduction Boris Vian)